Une vie sans plastique?

5 gestes simples pour limiter notre consommation de plastique

Le plastique : la panacée ou un fléau ?

Le plastique est une invention extraordinaire. Il existe une multitude de plastiques différents qui remplissent des fonctions variées dans notre vie quotidienne. Résistant, souple ou rigide selon les besoins, multicolore, étanche à l’eau et/ou à l’air, et surtout très bon marché, il est omniprésent dans notre vie quotidienne. Grâce à lui, notre confort de vie s’est grandement amélioré au cours des dernières décennies.

Le plastique est tellement pratique qu’on le trouve partout, et tellement abondant et bon marché qu’on ne se préoccupe plus de le réutiliser : c’est aujourd’hui un produit abondant à usage unique, jetable.

La principale qualité du plastique est sa résistance à tous les agents agressifs et par conséquent sa durée de vie très longue. C’est aussi son principal inconvénient : il ne se dégrade pas dans la nature. On estime qu’il faut de 400 ans à plus de 1000 ans au plastique pour se dégrader dans l’environnement.

En clair, le plastique a des avantages énormes, bien mis à profit dans tous les domaines de l’industrie et de la vie quotidienne. Mais la façon dont il a été utilisé, « consommé » jusqu’à présent en a fait un des pires fléaux qui menacent l’environnement aujourd’hui.

Chaque année on produit environ 300 millions de tonnes de plastique, dont plus de 80% arrivent dans la nature après utilisation. Actuellement on estime que 12 millions de tonnes de plastique arrivent dans les océans chaque année [données Greenpeace et WWF]. Les océans sont en fait le fond de la poubelle terrestre : ce qui s’y accumule ne peut aller ailleurs. On parle maintenant d’îles et de continents de plastique qui flottent sur les 5 océans de la planète (les « gyres »).

Le plastique entre dans la chaîne alimentaire via les microorganismes qui les consomment. Les poissons et mammifères marins consomment ces microorganismes ou directement des morceaux de plastique. Ce plastique, par assimilations successives dans la chaîne alimentaire, termine finalement dans les aliments consommés par l’homme. Leur toxicité contamine tous les êtres qui les consomment, c’est devenu un péril pour la santé au-delà d’un fléau pour l’environnement.

Il est donc primordial de limiter immédiatement et même à court terme d’éliminer complètement l’arrivée du plastique dans l’environnement.


Les règles à suivre sont simples :

1. D’abord, je refuse le plastique, surtout dans les emballages

2. Je réfléchis et choisis des alternatives durables

3. Je réutilise le plastique, quand je ne peux éviter son usage

4. Je recycle, c’est mieux que jeter, mais ce n’est pas une solution à tout…

5. Je remets le plastique biodégradable au compost, idéalement industriel


Le recyclage : la solution à tout ?

Pour jeter sans polluer, il suffirait de recycler ! Cela semble une bonne solution : techniquement tous les plastiques sont recyclables.

En pratique cependant il faut que les filières de recyclage existent et que la collecte soit organisée. C’est loin d’être le cas partout, et pour tous les plastiques. En effet, le coût très faible de production du plastique comparé au coût relativement élevé du recyclage fait que peu de plastiques sont effectivement recyclés – on estime que seulement 9% du plastique produit est actuellement recyclé. De plus, les procédés actuels ne sont pas capables de recycler les plastiques sales. Enfin, le recyclage de la plupart des plastiques dégrade leur qualité ce qui nécessite l’ajout de plastique neuf en cours de recyclage pour garantir une qualité suffisante (min 30%).

Le recyclage doit être encouragé et stimulé. Ce n’est que si les quantités à recycler sont suffisantes que ce processus peut devenir « rentable ». Cependant le recyclage à 100% n’est pas possible, et cela n’éliminera pas le besoin de plastique neuf.

Le recyclage, c’est très bien, mais ce n’est pas une solution à tout.


La biodégradabilité, n’est-ce pas la solution ?

Ce serait bien ! Mais…

Biodégradable veut dire qui se décompose naturellement sous l’action d’agents extérieurs naturels comme les microorganismes, bactéries et champignons, l’oxygène, le soleil,… La biodégradabilité effective des matériaux peut être mesurée suivant des normes précises. Cependant les normes actuelles ne tiennent que rarement compte des conditions réelles de température et d’humidité présentes dans les milieux naturels, ce qui rend la qualification « biodégradable » assez peu fiable pour déterminer si un produit va disparaître naturellement dans l’environnement sous l’action de ces agents extérieurs.

De plus, il ne faut pas négliger la dimension temps. La biodégradabilité ne peut être définie que sur une échelle de temps, faute de quoi presque tout matériau peut être déclaré « biodégradable ». En général, les produits correctement étiquetés indiquent le niveau de dégradation attendu après un certain temps (par exemple : « 90% du produit a disparu après 6 mois »). Ceci ne garantit cependant pas que cela sera vraiment le cas en environnement naturel car les circonstances réelles varient toujours par rapport aux circonstances des tests. De plus, aucune information n’est fournie sur le temps nécessaire à une disparition totale du produit.

Une condition particulière de biodégradabilité est le compost : situation de dégradation de matériaux dans des circonstances particulières d’humidité et de température, combinée avec une intervention humaine.

On arrive aujourd'hui à fabriquer des plastiques "biodégradables". Ceux-ci doivent être remis en compost industriel afin d'être valorisés comme déchets. Certains sachets plastiques portent le label "Compost - OK HOME" indiquant qu'ils peuvent se dégrader dans un compost domestique. En particulier, ce label confirme par des tests que le produit peut se dégrader en 6 mois dans un compost domestique sans génération de substances nocives pour les plantes ni résidus de métaux lourds.

Odoo • une photo avec une légende
Logo certificatif indiquant que le sac en plastique peut être jeté dans un compost domestique

Les performances réelles de cette biodégradabilité sont encore très variables et laissent fortement à désirer : une étude récente de l’Université de Plymouth (UK, avril 2019) a montré que des sacs prétendument biodégradables étaient toujours intacts après être restés 3 ans dans l’eau de mer ou enterrés dans le sol…

Quant à eux, les sacs compostables étaient toujours présents dans le sol, mais trop fragiles pour être utilisés, ou avaient disparus après 3 mois dans l’eau de mer. Aucune information n’est cependant disponible au sujet des produits de décomposition et leur potentielle toxicité rémanente.

Compter sur la nature pour faire disparaître nos déchets plastiques est une illusion, les preuves abondent partout où l’on regarde.

La seule solution, urgente, et accessible à tous, est de refuser l’utilisation de plastique partout où c’est possible. Et cela commence avec les emballages et les contenants à usage unique.

Les alternatives au plastique respectueuses de l’environnement existent et sont abordables. Le verre, l’inox sont des matériaux durables, solides, et recyclables à 100% sans dégradation avec des filières rentables bien établies.
Le bambou, le coton, la cire sont d’autres alternatives pour d’autres usages.


Les bioplastiques seront abordés dans un prochain blog.


Sources et références utiles :

Biodegradable polymers: a solution to plastic waste or just an important step towards circular economy?

Tom Collin

MChem Polymer essay, University of Surrey, May 2019

Interactive “beat the plasics” presentation

The United Nations Environment Programme (UN Environment) website

https://www.unenvironment.org/interactive/beat-plastic-pollution/

Many  authored publications on plastics in oceans from UN, BBC, National Geographic and others

World oceans day organization website

https://www.worldoceansday.org/plastic-pollution-resources-1

7 Things You Didn’t Know About Plastic (and Recycling)

No identified author

National Geographic Blog, April 4, 2018

https://blog.nationalgeographic.org/2018/04/04/7-things-you-didnt-know-about-plastic-and-recycling/

Pourquoi et comment recycler le plastique ?

Pauline Petit

Consoglobe, 18 Mar 2019

https://www.consoglobe.com/recycler-plastiques-4312-cg/2

Biodegradability of Plastics: Challenges and Misconceptions

Stephan Kubowicz and Andy M. Booth

Environmental Science & Technology 2017 51 (21), 12058-12060

DOI: 10.1021/acs.est.7b04051

https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.7b04051#

Top Eight Things to Know About Biodegradable Packaging

Axel Barrett

BioPlastics News, March 23, 2019

https://bioplasticsnews.com/2019/03/23/top-eight-things-to-know-about-biodegradable-packaging/

Le plastique biodégradable, la fausse solution contre la pollution

Pas d’auteur identifié

Metrotime,26/06/2018

https://fr.metrotime.be/2018/06/26/actualite/le-plastique-biodegradable-la-fausse-solution-contre-la-pollution/

A QUOI CORRESPONDENT LES LOGOS DE VOS EMBALLAGES ?

Pas d’auteur identifié

Site Easy Recyclage (groupe Paprec)

https://www.easyrecyclage.com/blog/a-quoi-correspondent-les-logos-de-vos-emballages/

'Biodegradable' plastic bags survive three years in soil and sea

Sandra Laville
Site The Guardian, Mon 29 Apr 2019

https://www.theguardian.com/environment/2019/apr/29/biodegradable-plastic-bags-survive-three-years-in-soil-and-sea

Certification of Compostable / Biodegradable Products

Site TUV-Austria

http://www.tuv-at.be/solutions/

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